Chapitre 1
Né le 9 janvier 1902 à Aigle (Canton de Vaud), au sein d'une famille de la bourgeoisie paysanne, Henri-Vincent Gillard a effectué ses études à Vevey. Son père, herboriste, décédé en 1914, lui transmit très tôt la passion de la montagne, notamment lors des cueillettes de plantes médicinales.
Henri-Vincent Gillard was born into a well established farming family in Aigle, in the Swiss canton of Vaud, on January 9, 1902. His father, who died in 1914, was a herbalist who communicated his passion for the mountains to his young son, in particular during medicinal plant picking expeditions.
Une mère énergique assuma seule l'éducation du jeune Henri-Vincent, de sa sœur Lydie et de son frère aîné Ernest, à la mort de leur père. Élève doué mais pas particulièrement zélé, Henri-Vincent consacrait son temps libre à une intense activité sportive et artistique. Très tôt, il développa ainsi une double passion pour le dessin et le violon. Ses professeurs décelant chez lui un talent certain, tentèrent, en vain, de le décider à entreprendre des études musicales supérieures.
Following her husband's death, Henri-Vincent's energetic mother took over raising him, his sister Lydie and his older brother Ernest single-handed. A gifted but not particularly zealous pupil, Henri-Vincent devoted his free time to intense sporting and artistic activities. At a very early age he developed a double passion for drawing and playing the violin. His teachers, detecting a certain talent, tried in vain to persuade him to study music at a higher level.
Chapitre 2
Un solide métier étant la meilleure des armes pour la vie, Henri-Vincent attaqua une formation de technicien-géomètre à l'école des arts et métiers de Vevey. Parallèlement, le jeune garçon poursuivit les cours de la section peinture dans le même établissement. Il sut alors qu'il serait peintre.
As a sound trade is one of the best preparations for life, Henri-Vincent began training as a surveyor at the Vevey trade and craft school. Meanwhile, he also attended courses in the painting department of the same school. It was at that point that he discovered he would become an artist.
Pour tenir la promesse faite à sa mère, Henri-Vincent achève ses études et obtient ainsi son diplôme de technicien-géomètre. Il a vingt ans. Désireux de perfectionner sa formation artistique, il s'inscrit aux cours de l'Académie Alexandre Mairet à Genève, d'où il sort en 1924. La vie professionnelle démarre avec une place de technicien-géomètre à la ville de Lausanne. Ses temps libres, il les consacre à la montagne et à la peinture.
Keeping the promise he had made to his mother, Henri-Vincent finished his studies and received his diploma at the age of 20. As he wanted to further his artistic training, he then attended the "Académie Alexandre Mairet" in Geneva until 1924. He started his professional life as a surveying technician for the city of Lausanne. Most of his spare time was devoted to painting and to the mountains.
Chapitre 3
Les conditions économiques difficiles et la rencontre, en 1929, avec celle qui deviendra sa femme, le dissuadent pour l'immédiat de tout laisser tomber pour la peinture. Il quitte malgré tout la sécurité d'un emploi communal pour se mettre à son compte. La crise le rattrape rapidement et l'aventure se termine dans une faillite. Henri-Vincent Gillard a 30 ans. Il décide alors de se consacrer entièrement à son art.
In 1929, Henri-Vincent met the woman who was to become his wife. This burgeoning relationship and the economic difficulties of the time, for a while discouraged him from giving up his job to paint full time. However, he did relinquish the security of his municipal job and became self-employed. The recession quickly caught up with him and the adventure ended in bankruptcy. Henri-Vincent Gillard was then 30 years old and decided to thereon devote himself exclusively to painting.
Cette décision s'accompagne d'un repli sur lui-même. L'artiste va fuir les mondanités, éviter les vernissages et renoncer aux concours. Il ne se plaît que dans son atelier et dans la nature, en tête à tête avec lui-même.
This decision was accompanied by solitary retreat. The artist fled worldly pursuits, avoided varnishings and shunned competitions. His happiness lay only in his studio and enjoying nature, in the presence of his own intimacy.
Chapitre 4
Le métier de peintre rapporte peu. Ce d'autant que l'intéressé ne peint ni pour plaire, ni pour vendre. La famille Gillard, qui s'est agrandie de deux fils, traverse des moments difficiles, sans certitude quant au lendemain.
Painting as such is not a high income profession. Furthermore, Henri-Martin didn't paint to please or sell. The growing Gillard family, which had welcomed two sons, lived difficult times, facing an uncertain future.
Durant l'avant-guerre, Henri-Vincent Gillard expose à une reprise. Durant le conflit mondial, le peintre se lance dans l'enseignement pour subsister et crée ainsi l'Ecole nouvelle de dessin. Cette activité lui permet également de se faire connaître. Deux expositions durant la guerre confirment ce début de notoriété. Certains galeristes lui proposent de collaborer mais l'artiste choisit de rester indépendant.
Henri-Vincent Gillard staged an exhibition of his work before the war broke out. During the conflict, he started teaching to support his family and opened the "Ecole nouvelle de dessin". This occupation also contributed to establish his reputation. Two war-time exhibitions confirmed this growing notoriety. A number of gallery owners offered to collaborate, but the artist chose to stay independent.
Chapitre 5
L'après-guerre va sourire au peintre. Une importante exposition se déroule en 1948. La critique ne se montra pas avare de compliments, essentiellement sur les paysages alpins. Il expose ensuite régulièrement sans toutefois forcer le rythme. Plusieurs opportunités d'exposer hors des frontières suisses ou vaudoises s'ouvrent à lui mais il renonce. Henri-Vincent Gillard ne veut pas céder aux sirènes du mercantilisme et refuse notamment d'envoyer ses toiles outre Atlantique.
The post-war years were kinder to the artist. An important exhibition was held in 1948. The critics were generous in their praise, particularly for the mountain landscapes. He then organized well-spaced yet regular exhibitions. On several occasions, opportunities to show his work abroad arose, but he turned them down. Henri-Vincent Gillard did not want to want to succumb to the sirens of business; he in particular refused to send his paintings across the Atlantic.
Les années soixante correspondent à une période de plénitude mais l'artiste conserve la tête froide et ne se laisse pas détourner de son oeuvre, forte et originale.
The sixties were a period of fulfilment, but the artist stayed focused and did not let himself be distracted for his powerful and original work.
Chapitre 6
Les années passant, Henri-Vincent Gillard doit renoncer aux escalades qui lui ont tant procuré. Pour s'inspirer, il passe désormais de longues périodes dans le chalet de son fils Alexandre, au dessus de Chamoson, en Valais.
As years went by, Henri-Vincent Gillard had to forgo the mountain climbing that had given him so much. He then took his inspiration from the long periods he spent in his son Alexander's chalet above Chamoson, in the Swiss canton of Valais.
Sa dernière exposition se déroula à Lausanne, en 1973. Si la critique se montra une nouvelle fois positive, Henri-Vincent Gillard éprouva une certaine déception de se voir enfermé dans le rôle trop restrictif pour lui de peintre des Alpes ou de la montagne.
His last exhibition took place in Lausanne in 1973. Although it was well received, Henri-Vincent Gillard was slightly disappointed to have been understood, too exclusively for his taste, essentially as an Alp or mountain painter
Il peignit jusqu'à son dernier souffle ou presque, le 20 mai 1980.
He painted almost to his last breath on May 20, 1980.